24 février 1956: Kroutchev critique Staline...illusion...
...comme une histoire sans suite...de l'humour...
A la suite d'une indiscrétion, la nouvelle arriva en Occident et fit l'effet d'une bombe!
A l'époque, le communisme était, pour bien des gens, le symbole de la lutte contre la dictature (Espagne ; Italie), de la résistance... Il transportait un mythe de liberté et l'espoir des laissés pour compte du développement d'après guerre. L'Union soviétique en était le modèle...C'était ainsi: c'était dans les racines familiales, dans l'histoire individuelle.
Ce contexte permet de comprendre l'effet que produisit la déclaration de Kroutchev ce soir là. La "dictature du prolétariat" n'était qu'une dictature tout court et, même si beaucoup savaient sans l'avoir dit, on était bien au début de la fin de l'illusion...
Et, comble du cynisme de l'histoire: à ceux qui y virent un espoir de démocratie, Kroutchev démontra rapidement à Budapest puis, quelques années plus tard, à Prague, que ce n'était pas le cas...même avec lui...
En URSS, circulait, à l'époque, un flot continu d'histoires drôles qui permettaient de conjurer la difficulté de la vie et la dureté du régime. Dans les files devant les magasins ou les pots entre "copains", on pouvait entendre:
"Nous apprenons ce qui se passe dans le monde grâce aux démentis de l'agence TASS"
"Les premières élections soviétiques ont eu lieu quand Dieu a présenté Eve à Adam en lui demandant de se choisir une femme"
"Y a t-il des pauvres en Union Soviétique? Oui, ce sont ceux qui n'ont rien: leur appartement est un apppartement d'Etat, leur voiture est de fonction, de même que leur maison de campagne..."
"Les quatre principales difficultés que l'agriculture soviétique doit surmonter sont...le printemps, l'été, l'automne et l'hiver "
"L'URSS, depuis 40 ans, construit une voie ferrée. Avant qu'elle soit achevée, un premier train a été mis en circulation. Mais, comme la voie n'est pas terminée, indubitablement le train arrive toujours brusquement en fin de voie...impossible de continuer. Les chefs de chantier vont alors voir les responsables de la nomenkatura et leur demandent ce qu'ils doivent faire. Le problème est finalement soumis au président du Praesidium qui répond:
Lénine: "Prenez les rails de derrière et les mettez devant, ainsi on avancera"
Staline: "Saisissez 300 ouvriers et exécutez-les, condamnez 300 autres aux travaux forcés et reprenez le chantier.."
Kroutchev:"Ce n'est pas grave, prenez tous les hommes disponibles et faites leur secouer le train...ainsi tout le monde croira qu'il avance""
source de la première série d'histoires drôles:
http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/2042/14487/1/HERMES_2001_30_59.pdf
Voir aussi la colonne de droite pour des compléments
Mots-clés : evenement historique, memoire, souvenirs
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